Début du procès du "Boucher de Tumba" en France


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Un tribunal de Paris ouvrira le 14 novembre les procédures dans une affaire impliquant le septième Rwandais jugé en France pour son rôle dans le génocide de 1994 contre les Tutsi.

A la Cour d’assises de Paris, le docteur Sosthène Munyemana sera jugé pour avoir été à l’avant-garde des massacres de Tumba - une localité de l’actuelle ville de Huye, au sud du Rwanda - un rôle qui lui a valu le surnom de « boucher de Tumba ».

Les informations disponibles indiquent que le suspect est né en 1955 à Mbare, ancienne commune de Musambira, dans l’ancienne préfecture de Gitarama.

Après avoir terminé ses études à l’Université nationale du Rwanda, à Butare [actuelle Huye], Munyemana s’est spécialisée en gynécologie à l’Université de Bordeaux II en France.

À son retour, il travaille à l’hôpital universitaire de Butare (CHUB) et enseigne également à la faculté de médecine de l’Université nationale du Rwanda.

Pendant le Génocide, Munyemana résidait dans la cellule de Gitwe, dans le secteur de Tumba. Sa femme et ses trois enfants sont restés en France. Munyemana était en congé de fin mars à début mai 1994, lorsqu’il a participé au génocide, après quoi il a fui vers la France.

Les accusations de génocide portées contre lui ont été déposées en 1995 par des groupes de défense des droits : le Collectif Girondin pour le Rwanda et la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH).

Un mandat d’arrêt international a été émis par le Rwanda et placé sous notice rouge par Interpol en 2006. Le suspect a demandé le statut de réfugié, qui lui a été refusé en 2008. En 2010, le Rwanda a demandé son extradition à la France, sans succès.

En 2007, les tribunaux Gacaca l’ont jugé par contumace et l’ont condamné à 30 ans de prison pour les crimes de génocide qu’il avait commis au CHUB et à Tumba où il vivait.

En 2010, la Cour Gacaca de Ngoma, en appel, a confirmé sa peine par contumace après avoir prouvé son rôle dans la planification et l’exécution du Génocide dans la ville de Butare, notamment au CHUB où il a tué des femmes et des enfants.

Les atrocités qu’il a commises à Tumba comprennent l’incarcération des Tutsis dans la salle de réunion du secteur de Tumba et la sélection des personnes à tuer.

Il a également été accusé de la distribution d’armes qui lui ont été remises par l’ancien Premier ministre Jean Kambanda et des meurtres perpétrés au barrage routier de Mukoni.

Munyemana a fui vers la France en 1994 et a poursuivi sa carrière médicale à l’hôpital de Villeneuve-sur-Lot jusqu’en 2009, date à laquelle il a été suspendu.

En décembre 2018, un procureur français a donné suite à son dossier, mais la première plainte contre les crimes de Munyemana dans le génocide contre les Tutsi a été déposée en 1995, à Bordeaux.

Munyemana sera le septième suspect de génocide à être jugé en France. Le premier procès pour génocide en France a eu lieu en 2014 lorsque Pascal Simbikangwa, ancien chef des services secrets, a été condamné à 25 ans de prison. Outre Simbikangwa, les autres suspects de génocide jugés en France sont Tito Barahira, Octavien Ngenzi, Claude Muhayimana, Laurent Bucyibaruta et Philippe Hategekimana.

Entre temps, plus de 40 fugitifs inculpés pour le génocide circulent toujours librement en France.



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