Le président du Burundi, Évariste Ndayishimiye, a de nouveau affirmé qu’il dispose d’informations fiables indiquant que le Rwanda prépare encore une attaque contre son pays.
Le chef de l’État burundais a fait ces déclarations lors d’un entretien récent avec le journaliste Marc Perelman de la chaîne France 24.
Le mois dernier, lors d’une interview avec la BBC, le président Ndayishimiye avait déjà affirmé détenir des renseignements selon lesquels le Rwanda projetait de lancer une guerre contre le Burundi. À cette occasion, il avait averti : « Si le Rwanda ose attaquer Bujumbura en passant par la RDC, pour nous, atteindre Kigali ne passera pas non plus par Kirundo. »
Interrogé par France 24 pour savoir s’il maintenait ses accusations, Ndayishimiye a confirmé qu’il persistait et signait, affirmant disposer à la fois de rapports et de preuves tangibles de ce complot.
“Tout d’abord, nous avons l’information, nous connaissons ce plan, et ensuite, il y a des éléments qui le confirment,” a-t-il déclaré. « Parmi les preuves dont nous disposons, il y a le fait qu’ils hébergent les auteurs de la tentative de coup d’État de 2015 qui préparent aujourd’hui une attaque contre le Burundi. »
Le président a poursuivi en affirmant que le Rwanda pourrait chercher à utiliser ces dissidents comme force supplétive, à l’image de ce qu’il aurait fait avec les rebelles du M23 en République Démocratique du Congo, en les faisant passer pour des Congolais.
“Ils ont un plan pour utiliser les responsables de la tentative de coup d’État de 2015 en les présentant comme des Burundais, alors qu’en réalité, c’est le Rwanda qui sera à l’origine de l’attaque,” a-t-il insisté.
Évariste Ndayishimiye s’est également dit préoccupé par le refus du Rwanda de lui extrader ces fugitifs afin qu’ils soient jugés au Burundi. Cependant, il a estimé que tant que la guerre se poursuivra à l’Est de la RDC, il serait difficile pour le Rwanda de mener une attaque contre son pays.
Il a ajouté que le Burundi resterait vigilant jusqu’à ce qu’il obtienne des preuves incontestables que le Rwanda n’a plus de desseins hostiles envers lui.
Jusqu’à présent, le gouvernement rwandais n’a pas réagi à ces nouvelles accusations.
En mars dernier, lorsque Ndayishimiye avait déjà annoncé un prétendu plan d’attaque contre Kigali, la porte-parole du gouvernement rwandais, Yolande Makolo, s’était dite surprise de ses propos, rappelant que les services de sécurité des deux pays étaient alors en pleine concertation sur la sécurisation de leurs frontières communes.
Les relations entre le Rwanda et le Burundi se sont fortement détériorées depuis la fin de l’année 2023, après que le Burundi a accusé son voisin de soutenir le groupe rebelle Red Tabara, opposé au régime de Gitega.
La tension est montée d’un cran lorsque le Burundi a envoyé des troupes en RDC pour appuyer les forces armées congolaises (FARDC) et les FDLR dans leur guerre contre le M23. Quelques semaines plus tard, à Kinshasa, le président Ndayishimiye avait publiquement exprimé sa volonté de soutenir un projet de renversement du pouvoir rwandais, qu’il avait présenté comme un moyen d’aider la jeunesse rwandaise à se libérer.


