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“Heureux d’avoir du travail, mais les salaires sont trop bas” : les bénéficiaires du VUP tirent la sonnette d’alarme

Sangiza iyi nkuru

Les habitants du district de Gicumbi employés grâce au programme VUP (Vision 2020 Umurenge Program) se réjouissent des progrès réalisés, mais expriment leurs inquiétudes face aux faibles rémunérations actuelles.

Ces témoignages ont été recueillis le mercredi 14 mai, lors d’une visite de diplomates représentant différentes ambassades, venus découvrir des projets financés par le FCDO (Foreign, Commonwealth & Development Office du Royaume-Uni) et mis en œuvre par LODA.

Les projets visités comprenaient la fabrication de matelas adaptés au genre à Miyove, la construction de routes, un centre de santé, ainsi qu’un centre de formation professionnelle à Kageyo.

Christine Mukansanga, représentante des travailleurs du VUP dans le secteur de Kageyo, a expliqué que grâce à ce programme, elle a pu élever ses cinq enfants, dont trois sont actuellement employés dans le secteur de la sécurité.

Elle a souligné que les bénéficiaires du VUP ont l’avantage d’avoir un revenu stable, ce qui permet de mieux faire face aux besoins quotidiens.

Elle a également pu acquérir des petits animaux comme des poules et des chèvres, mais déplore que les salaires soient devenus insuffisants face à l’inflation.

“C’est bien d’avoir du travail, mais le salaire est très bas compte tenu des prix du marché. Un journalier gagne 1 500 Frw, moi en tant que superviseure je gagne 2 500 Frw, et un capita gagne 2 000 Frw.”

Elle recommande une augmentation de 500 Frw pour les travailleurs journaliers et les capitas, et de 1 000 Frw pour les superviseurs.

Théoneste Ngerageze partage cet avis :

“Avec les prix actuels, passer de 1 500 à 2 000 Frw ferait déjà une grande différence. Le kilo de pommes de terre est passé de 300 à 700 Frw, les haricots de 500 à 1 500 Frw.”

Séraphine Uwizeyimana a ajouté que parfois, elle ne peut rien acheter au marché après avoir reçu son salaire, et appelle à une hausse, même légère.

Claudine Marie Solange Nyinawagaga, Directrice Générale de LODA, a précisé que le VUP n’offre pas seulement du travail manuel, mais aussi des prêts, de la formation et du matériel.

Elle a rassuré que les aides augmenteront à mesure que les ressources du pays croîtront.

“Quand le pays a les moyens, ce sont nos citoyens, nous les aimons. Même les moyens actuels permettent déjà à certains de s’en sortir.”

Anna Wilson, cheffe de la coopération à l’ambassade du Royaume-Uni au Rwanda, a salué le rôle de LODA et s’est dite fière du partenariat avec le VUP, qui a permis à de nombreuses familles de sortir de la pauvreté.

L’enquête EICV7 montre que la pauvreté a diminué de 12,4 % entre 2017 et 2024, grâce à des programmes comme le VUP qui ont créé des emplois.

Chaque année, environ un million de Rwandais en situation de pauvreté bénéficient de cette initiative.

Soma Izindi Nkuru

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