Jeudi, le Sénat de la République démocratique du Congo a voté la levée de l’immunité parlementaire de l’ancien président Joseph Kabila, permettant ainsi sa poursuite pour des accusations graves, notamment de trahison, de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et de participation à une insurrection. La décision a été adoptée avec 88 voix pour, 5 contre et 3 abstentions.
Kabila, qui a été président de 2001 à 2019, détient le titre de sénateur à vie, ce qui lui conférait une immunité contre les poursuites. Cependant, le procureur général militaire a demandé au Sénat de révoquer cette immunité pour permettre des procédures judiciaires.
Le ministre de la Justice, Constant Mutamba, a déclaré que le gouvernement avait rassemblé des preuves substantielles impliquant Kabila dans le soutien au groupe rebelle M23, qui a intensifié le conflit dans l’est du Congo. Le M23, soutenu par des forces rwandaises, a capturé des villes clés telles que Goma et Bukavu depuis janvier. Kabila est accusé de soutenir les rebelles et de préparer une insurrection, des allégations qu’il nie.
En réponse à ces développements, le gouvernement congolais a suspendu le parti politique de Kabila, le Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD), et a entamé des démarches pour saisir les biens lui appartenant ainsi qu’à ses associés. Kabila réside en Afrique du Sud depuis la fin de 2023.


