China Taiwan Relations March 2025

Taiwan au Bord du Conflit : Pékin et Taipei, le Choc se Rapproche

Sangiza iyi nkuru

Les tensions ne cessent de croître entre Pékin et Taipei, à Taïwan, pays peuplé de 23,5 millions d’habitants, faisant craindre qu’un conflit ne puisse éclater en un clin d’œil.

Après avoir été accompagné par le vice-président des États-Unis J.D. Vance lors d’un sommet sur la démocratie à Munich en février, le ministre américain de la Défense Pete Hegseth a tiré la sonnette d’alarme lors du sommet de Shangri-La à Singapour. Évoquant les conflits à travers le monde, ce responsable américain a lancé un nouvel appel urgent lors de ce forum consacré aux questions militaires dans l’Indo-Pacifique, avertissant qu’une guerre pourrait éclater dans la région de Taïwan.

Le journal “L’Express” rapporte que ce responsable du Pentagone voit également dans le comportement de la Chine une hostilité croissante envers cette petite démocratie peuplée de 23,5 millions d’habitants.

Cette tension n’est pas nouvelle : cela fait des années que Washington insiste sur la nécessité pour la Chine de faire preuve de retenue. De son côté, Xi Jinping n’a jamais caché son désir de “réunification” de la Chine, tout en augmentant le budget militaire. Une attaque ne peut être écartée : à la fin du XVIIe siècle, l’armée de l’empereur Kangxi a mis dix ans à préparer l’invasion de Taïwan – et l’a conquise.

Aujourd’hui, le ministre américain de la Défense affirme qu’une attaque militaire pour reprendre Taïwan pourrait être imminente, réaffirmant le rôle des États-Unis comme gendarme du Pacifique. Si une guerre commence, cela signifierait que les Américains ont échoué à dissuader la Chine. C’est pourquoi Hegseth a durci son discours, afin de rendre plus crédible la stratégie de dissuasion vis-à-vis de la Chine, explique Jean-Pierre Cabestan, chercheur adjoint à l’Institut d’études asiatiques.

Le chef du Pentagone n’est pas le seul à alerter sur l’escalade. Emmanuel Macron, en visite à Singapour, n’a pas hésité à critiquer Pékin en affirmant : « Si nous acceptons que la Russie puisse s’emparer d’une partie du territoire ukrainien sans réponse, sans réaction internationale, alors pourquoi serait-ce différent pour Taïwan ? »

La Chine ne considère pas le cas de Taïwan comme celui de l’Ukraine.

C’est la position constante du Parti communiste chinois, qui a d’ailleurs boycotté le sommet de Singapour, considérant Taïwan comme la 23e province de la Chine. Pékin ne veut pas faire de parallèle avec l’Ukraine. Depuis que Mao Zedong a déclaré en 1959 : « La relation entre la Chine et Taïwan est différente de celle de l’Allemagne divisée, des deux Corées ou des deux Viêt-Nams. »

Depuis, l’Allemagne et le Viêt-Nam se sont réunifiés (sous démocratie ou communisme), alors que Séoul et Pyongyang restent séparés.

Les Taïwanais, comme les Ukrainiens, souhaitent conserver leur gouvernement démocratique.

Après la Seconde Guerre mondiale, Chiang Kaï-shek, chef du parti nationaliste Kuomintang, a établi en 1949 un gouvernement de la République de Chine (ROC) à Taïwan, après avoir été vaincu par les communistes sur le continent. Il s’est enfui avec environ deux millions de personnes, fuyant le régime communiste de Mao Zedong.

Chiang a officiellement établi le gouvernement de la ROC à Taipei en décembre 1949 et a poursuivi son mandat présidentiel dès mars 1950. La Chine considère Taïwan comme l’une de ses provinces.

Soma Izindi Nkuru

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