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La RDC Prévoit une Campagne Pacifique pour Encourager le Retour des Rebelles FDLR au Rwanda

Sangiza iyi nkuru

La République Démocratique du Congo (RDC) a annoncé qu’elle allait privilégier une campagne de sensibilisation auprès des membres du groupe armé FDLR, pour les inciter à rentrer volontairement au Rwanda, au lieu de lancer des attaques militaires contre eux.

Cette annonce a été faite par la ministre des Affaires étrangères de la RDC, Thérèse Wagner Kayikwamba, lors d’une conférence de presse tenue ce jeudi 3 juillet.

Cette déclaration fait suite à un accord de paix signé entre la RDC et le Rwanda le vendredi précédent, après des négociations facilitées par les États-Unis.

L’un des points principaux de cet accord stipule que la RDC doit « démanteler le groupe FDLR », qui s’oppose au gouvernement rwandais. En échange, le Rwanda s’engage à lever les « mesures défensives » qu’il avait mises en place depuis un certain temps.

Massad Boulos, conseiller du président américain Donald Trump pour les affaires africaines, avait récemment déclaré à Jeune Afrique que la FDLR représente une « menace sérieuse » pour le Rwanda.

Cependant, Kayikwamba a qualifié la FDLR de « prétexte vieux de 30 ans », tout en reconnaissant que Kinshasa devait y mettre un terme.

Elle a déclaré : « Cela fait près de 30 ans que la question de la FDLR est utilisée comme prétexte. C’est précisément pourquoi cela figure dans l’accord, car nous voulons y mettre fin. Nous voulons clore ce récit récurrent selon lequel la FDLR est un problème. »

Interrogée sur une éventuelle offensive militaire contre ce groupe, Kayikwamba a répondu que la priorité était d’abord de mener une campagne de sensibilisation auprès des membres rwandais de la FDLR pour les convaincre de rentrer pacifiquement.

Elle a expliqué : « La première étape est de sensibiliser les membres de la FDLR, qui sont des Rwandais, sur la possibilité de rentrer chez eux et de bénéficier de l’aide de la Commission rwandaise chargée de la démobilisation et de la réinsertion sociale des anciens militaires. Si cette étape donne des résultats, nous les accompagnerons dans leur retour. »

Kayikwamba a ajouté que la RDC ne souhaite pas recourir immédiatement à la force militaire, car par le passé, plusieurs opérations, y compris celles menées avec la MONUSCO et avec le Rwanda (comme l’opération Umoja Wetu), n’ont pas permis d’éliminer totalement le groupe.

Kinshasa affirme ne pas privilégier une intervention militaire contre ce groupe, pourtant majoritairement composé d’individus ayant participé au génocide des Tutsi en 1994. L’ONU affirme de son côté que ses troupes continuent de collaborer avec l’armée congolaise.

Un rapport d’experts des Nations Unies indique qu’en avril dernier, le gouvernement congolais continuait de « soutenir la FDLR et d’utiliser ses combattants sur les lignes de front » dans sa lutte contre le M23.

Le porte-parole des Forces de défense rwandaises, le général de brigade Ronald Rwivanga, a récemment affirmé que la FDLR comptait entre 7 000 et 10 000 combattants, basés en RDC et au Burundi.

Soma Izindi Nkuru

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