Lettre adressée, par le HCDH, à l’Algérie au sujet de l’assassinat à feu de deux orpailleurs sahraouis évoluant dans les camps de Tindouf

Sangiza iyi nkuru

Dans une lettre adressée, en janvier dernier, au Représentant permanent de l’Algérie auprès de l’Office des Nations Unies à Genève, par les rapporteurs spéciaux du Haut-Commissariat aux Droits de l’Homme, ces derniers, ont déploré les exécutions extrajudiciaires de deux réfugiés sahraouis nommés Moha Ould Hamdi Ould Suelem et Ali Idrissi, par les forces de sécurité algériennes dans un site minier au sud de la ville algérienne d’Auinet Balakraa.

Cette affaire, qui remonte au 19 octobre dernier, quand les deux jeunes Sahraouis ont été tués par des soldats algériens alors qu’ils se trouvaient au fond d’une tranchée d’orpaillage non loin des camps de Tindouf, a suscité la colère non seulement des rapporteurs spéciaux du Haut-Commissariat aux Droits de l’Homme mais également des familles des deux victimes et de plusieurs ONG de défense des Droits de l’Homme.

Selon les informations dont disposent les rapporteurs onusiens, la patrouille militaire algérienne a mis le feu à la fosse minière à l’aide de couvertures imbibées d’essence et a quitté le heu sans se soucier du sort des réfugiés et sans leur apporter de l’aide : cela a entraîné, selon eux, la mort de deux mineurs réfugiés.

La communication des rapporteurs indique également qu’aucune enquête n’a été ouverte sur les circonstances de la mort de deux hommes et qu’aucun auteur n’a été poursuivi.

Cet incident grave n’est pas le premier. Des incidents similaires d’abus de mineurs migrants par les forces de sécurité algériennes ont été rapportés en janvier et mai 2020 près de la frontière entre l’Algérie et le Niger. En mai 2020, six jeunes orpailleurs sahraouis ont été pris pour cible par une unité de l’armée algérienne. Ils étaient en train de prospecter une zone non loin du camp dit d’Eddakhla situé à 150 kilomètres au nord-est de Rabouni en Algérie.

Selon la lettre des rapporteurs spéciaux, la répression et les violations contre les sahraouis sont devenues des pratiques quotidiennes et systématiques. « De graves préoccupations sont par ailleurs exprimées quant au fait que les violations alléguées illustreraient une pratique courante de violations commises par les forces de sécurité algériennes à l’encontre de réfugiés sahraouis » ont-t-ils souligné.

La répression et les pratiques discriminatoires à l’égard des réfugiés auraient été accrues, selon les rapporteurs, pendant l’état d’urgence lié à la pandémie de COVID-19 dans les camps de Tindouf.

La lettre révèle que les familles des victimes craignent des représailles et de signaler les cas aux autorités afin d’entamer des poursuites sur les abus signalés et d’empêcher que de telles violations ne se reproduisent.

Les rapporteurs spéciaux se sont dits préoccupés par l’absence d’enquêtes, de poursuites et de sanctions concernant l’exécution des deux réfugiés. « L’Algérie doit enquêter sur les abus et les violations des droits humains dans les camps de Tindouf y compris l’incident souligné dans cette lettre et les sanctionner, car les abus allégués se sont produits sur le territoire algérien et relèvent donc de la juridiction territoriale de l’Algérie » ont-ils précisé.

A cet égard, ils ont demandé au gouvernement algérien d’enquêter sur l’usage excessif de la force par les forces de l’ordre algérien contre ces populations vulnérables, en particulier les migrants et les réfugiés.

Il convient de signaler que plusieurs militants et organisations des Droits de l’Homme ont dénoncé à l’occasion de la 46e session du CDH tenue récemment à Genève, les violations graves commises par les milices des polisario, avec la complicité des autorités algériennes, à l’encontre des populations sahraouies dans les camps de Tindouf.

Soma Izindi Nkuru

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