Le théier est une culture industielle qui fait rentrer des devises au Rwanda. Aujourd’hui dans le district de Nyaruguru, la superficie des champs de plantations de théiers s’élargit d’année en année. Proportionnellement, la demande en cueilleurs de feuilles de thé progresse. C’est pourquoi les théiculteurs locaux lancent une idée que le travail de cueilleur puisse devenir une profession comme toutes les autres, reconnue par la loi.
Cela attirera plus de cueilleurs venus d’autres règions et permettra ainsi aux théiculteurs de maximiser leurs productions en qualité et en quantité et d’augmenter leurs bénéfices nets.
C’est l’avis des théiculteurs du secteur Cyahinda, membres du projet SCON (Services Company Outgrowers Nyaruguru). Ce projet aide la population à cultiver le thé sur les versants non exploités des collines dans les secteurs de Kibeho, Munini, Ruramba, Cyahinda et Muganza.
Bertin Rwandanga et Augustin Rwagasana sont des théiculteurs qui possèdent des champs, respectivement, de 60 ares et 1,5 hectare, dans la cellule de Cyahinda. Ils disent que Les cueilleurs experiementés manquent. Ce qui les pousse à engager des débutants et les charges qui vont avec, réduisent finalement le bénéfice net attendu par le théiculteur.
“Le travail de cueilleur de feuilles de théier devrait être plus valorisé et si possible créer des centres d’apprentissage de ce métier. “Estime Augustin Rwagasana qui ajoute qu’il est plus bénéfique d’engager moins de cueilleurs professionnels qu’il paye en fonction de la quantité de feuilles récoltées, que d’employer plusieurs non experimtés qui demandent un salaire journalier forfaitaire.
La présidente de la coopérative des théiculteurs dans ce secteur de Cyahinda, Agnès Singayirimana reconnaît, elle aussi, le déficit de cette catégorie de travailleurs experimentés dans la région. Ce qui réduit la quantité globale de production de thé.
“Plus la superficie des plantations de théiers s’élargit, plus la demande de cueilleurs qualifiés croît. (..). Il faut une grogramme réel de mobilisation qui poussera des gens à s’engager dans la cueillette des feuilles de thé. Et si possible avec des contracts de travail. C’est, aujourd’ui, un métier qui fait gagner beaucoup d’argent à celui qui le fait.” Affirme la présidente Singiriyimama qui fait remarquer que la professionnalisation de ce métier aura un triple avantage pour les cueilleurs d’abord, les théiculteurs et les usines ensuite.
Ce manque de personnel qualifié dans la cueillette des feuilles de thé est également ressenti dans l’usine à thé de Nshili-Kivu. Selon Boniface Nsengiyumva, directeur des plantations dans cette usine.
” Malgré les efforts que nous fournissons pour les attirer, les cueilleurs continuent de manquer. Aujourd’hui nous avons seulement 75% de l’effectif que nous souhaitons . Ce manque de cueilleurs expérimentés peut porter atteinte à la quantité et à la qualité du thé que nous souhaitons.” Déplore le directeur Nsengimana.
Etienne Bihogo, directeur national du projet SCON affirme, à son tour, qu’ils sont conscients de ce problème complexe. Une étude au niveau national est en cours pour trouver une solution durable. “Ç’est un problème qui est en entrain d’être examiné au niveau national. Le ministère de l’agriculture et des ressources animales en est impliqué. Nous avons besoin des cueilleurs venus d’autres districts du pays. Nous tendons vers la professionnalisation de ce métier. Et si possible construire des logements proches des plantations pour leur faciliter la tache.” Rassure le directeur national du SCON.
Selon la vice maire du district de Nyaruguru en charge des affaires sociales, Assoumpta Byukusenge, le district de Nyaruguru est favorable à la professionalisation de ce métier qui occupe une grande partie de la jeunesse paysane. “La ceuillette de feuilles de thé est un métier comme tant d’autres.(..). Nous encourageons nos partenaires à trouver des logements pour ces cueilleurs. Il faudra plus de mobilisation.” Estime la vice maire Byukusenge.
Selon le directeur national du SCON, Etienne Bohogo, le project SCON dispose aujourd’hui de plus de 1000 hectares de plantations de théiers dans le district de Nyaruguru. Dans les prochaines années, SCON prévoit élargir la superficie jusqu’à 6’000 hectares. Ce qui signifie qi’environ 48’000 ceuiileurs seront engagés.
Le district de Nyaruguru possède également quatre usines à thé: Celle de Mata, Muganza, Nshili-Kivu et l’usine à the d”Ekatera, aujourd’hui en construction dans le secteur de Kibeho.


