Des habitants du village de Buramba, dans le secteur de Nyundo, district de Rubavu, affirment être envahis depuis plusieurs jours par un groupe se faisant appeler Abanjongo, originaire du secteur de Kivumu dans le district de Rutsiro, venu exploiter illégalement un minerai précieux appelé Beleri.
Les villageois affirment qu’ils ignoraient que leur sol renfermait de telles richesses. Ils ont été stupéfaits de voir ce groupe s’introduire de force dans leurs champs, y creuser sans autorisation, tout en intimidant ou maltraitant quiconque s’y opposait.
Le chef du village, Jean de Dieu Niyigena, déclare :
« C’est devenu un désordre total. Nous subissons des attaques constantes de personnes venant des secteurs de Kivumu et Nyamyumba, qui détruisent les champs des citoyens. Ils exploitent puis laissent la terre en friche. »
Certains habitants avouent qu’ils ne dorment plus depuis qu’ils ont appris que leurs terres contiennent des minerais.
Beatrice Nyiramagambo témoigne :
« Ces pierres sont devenues une malédiction. Nous ne dormons plus. On reste là à surveiller les champs toute la journée pour qu’ils n’y mettent pas le feu. »
Leonard Ntawurengumunsi ajoute :
« Ils arrivent comme une milice, armés de machettes, pioches et bâtons. Même si c’est votre champ, ils vous chassent et vous interdisent de parler. »
Pire encore, ils creusent même près des maisons, les exposant à l’effondrement. Ladislas Ngezenubwo rapporte que sa maison est désormais en danger de s’écrouler.
Des témoins affirment que ce groupe opère depuis longtemps dans des mines illégales et demandent l’intervention urgente des forces de sécurité ou même leur relocalisation.
Selon eux, Abanjongo agit comme une bande organisée :
« Même quand ils sont arrêtés, ils sont relâchés le lendemain. C’est comme des terroristes. »
Interrogé par la presse, le gouverneur de la province de l’Ouest, Jean Bosco Ntibitura, a reconnu ne pas être informé du problème mais a promis de le suivre avec les autorités locales.
L’exploitation minière illégale reste une source d’insécurité croissante au Rwanda, plusieurs l’exerçant sans autorisation ni contrôle, ce qui conduit parfois à des accidents mortels.


