L’une des victimes de la première heure des répressions contre les manifestations au Burundiu est un journaliste de groupe de presse Iwacu, dernier média libre au Burundi après le saccage des radios indépendantes et la fuite de la plupart des rédacteurs.
Armel Uwikunze aurait succombé à la torture, après son interpellation musclée survenu dans le quartier Buyenzi, au cœur de la capitale, Bujumbura. Les policiers lui interdisaient de filmer. Ils les menacent de l’abattre s’il s’entêtait à filmer.
Premier décompte macabre
Malgré les violences policières permanentes qui ont fini par obliger les manifestants contre le troisième mandat du président Nkurunziza à ne plus sortir de chez eux, des associations de défense des droits de l’homme ont pu faire le décompte des victimes de la terreur, sans omettre les cas de partisans de Nkurunziza tués par la foule en colère.
En voici la liste :
1. Jean Komezamahoro, jeune scout de 15 ans tué à bout portant les mains en l’air, par un policier, dimanche 26 avril 2015 (1er jour de la manifestation) entre Ngagara et Mutakura.
2. Jean Mwitaminwa, soudeur a été tué le 2 mai 20
15 à Kinama par des personnes en tenue de policiers.
3. Vénérand Kayoya (65 ans), éleveur a été tué à Kinama par le même groupe.
4. Alain Claude Niyonzima 41 ans, du garage Toyota, a été tué ce jour à Kinama par le même groupe.
5.Jean- Léonidas Nibitanga, « le vieux sage » la soixantaine a aussi été tué à Kinama par le même groupe le même jour.
6. Caporal-Chef Louis Hatungimana a été assassiné vendredi 1er mai 2015 par un officier du SNR, à Musaga, alors qu’il assurait la protection des manifestants contre le troisième mandat de Pierre Nkurunziza.
7. Jean-Marie Nkurunziza, tué le 7 mai 2015 à Gisozi (Mwaro) par la police.
8. Idhi de Cibitoke tué par balle par un Imbonerakure le 7 mai 2015.
9. Elkia Ndayisenga, un jeune Imbonerakure brulé vif les 7 Mai 2015 à Nyakabiga III, 10 ème avenue.
10. Plusieurs militaires (une dizaine) ont perdu la vie dans la nuit du coup d’Etat du 13 au 14 mai 2015.
11. Au moins 5 policiers sont morts à Kamenge et ailleurs.
12. Ndayisaba, jeune du Frodebu a été tué le 15 mai 2015 pendant la manifestation de Buterere.
13. Kabura Theos, militaire, matricule 72135, est mort le 20 mai 2015 des suites de balles reçues d’un policier à Nyakabiga. Il était du 2ème Bataillon MINISCA.
14. Leonard Bukuru, membre du mouvement des jeunes de Musaga, tué le 30 mai 2015.
15Alian Manirambona, a succombé à ses blessures le 27 mai 2015 à 22h30 après avoir reçu une balle dans le cœur le 12 mai, tirée par des policiers armés de mitraillettes.
16. Le 22 mai 2015 trois femmes sont tuées par grenade au marché central de Bujumbura.
17. Faustin Nzambimana, 18 ans abattu d’une balle dans le dos par le chef de poste local Egide Bigirimana le 27 mai 2015 qui ensuite lui a tordu le cou jusqu’à ce que mort s’ensuive.
18. Jonas Ngendakumana , tué par des militaires à Musaga.
19. Ruzoza, simple paysan tué le 30 mai 2015 par des militaires à Mukike.
20. Pie Niyomwungere est tombé lundi 1er juin 2015 sous les balles d’un policier pendant la manifestation de Mugamba.
21. Armand Ndayiziga 19 ans tué mercredi soir 3 juin à Cibitoke 10ème avenue no 68 sous les balles d’un imbonerakure et en dehors de toute manifestation.
22. Abdoul, assassiné le 2 juin 2015 chez lui vers 1h du matin, il était également responsable du Fnl Rwasa à Buterere.
23. Diogene Niyondiko, tué vendredi 5 juin 2015 à Musaga par un policier qui l’a visé délibérément.
24. Le sergent Nsabimana a été tué dans la nuit du 9 au 10 juin 2015 par des personnes en tenue de policiers à Mutakura, 7ème avenue.
25. Le jeune Isae Kabeja été tué par la police le 10 juin 2015 à Buyenzi.
Au total depuis le 26 avril le bilan est approximativement de 50 morts, 500 blessés, 800 emprisonnés
Depuis avril 2015, le Burundi vit au rythme des violences. Des rapports des organismes de défense des droits de l’homme dont Amnesty International font état d’environ 1000 personnes déjà assassinées ; 400 000 personnes réfugiées dans les pays voisins et lointains, de nombreux disparus et des milliers d’emprisonnés.
Darius Kanakuze


