Selon des sources militaires, la République Démocratique du Congo (RDC) a déjà mobilisé environ 60 000 soldats pour tenter de reprendre les villes de Goma et Bukavu, actuellement contrôlées par le groupe rebelle M23 depuis près de six mois.
Cela intervient alors que Kinshasa vient de signer un accord de paix avec le Rwanda, mais continue de renforcer sa présence militaire, incluant de nombreux soldats burundais et des armes lourdes.
L’Alliance Fleuve Congo (AFC), coalition dont fait partie le M23, a fermement dénoncé cette mobilisation, qualifiant cela d’acte de violence mettant en danger les civils.
Le porte-parole du M23, Lawrence Kanyuka, a déclaré que cette initiative est “une insulte aux discussions en cours” avec le gouvernement congolais.
Il a ajouté : “Le plus grave, c’est que les forces burundaises alliées à Kinshasa pointent volontairement leurs armes lourdes vers des zones civiles densément peuplées. C’est un crime contre l’humanité.”
Bien que le gouvernement congolais n’ait pas communiqué officiellement le nombre de soldats déployés, des sources militaires indiquent qu’il s’agit de la plus grande mobilisation depuis 2013, date à laquelle les FARDC et la MONUSCO avaient lancé une offensive conjointe contre le M23.
Les autorités justifient cette action comme étant nécessaire pour reprendre les territoires sous contrôle du M23 depuis fin 2021.
L’escalade inquiète, alors que l’accord de paix avec le Rwanda prévoit notamment des discussions immédiates avec le M23, ce qui ne semble pas encore concrétisé.
La méfiance entre les deux camps laisse planer le doute sur l’application réelle de l’accord.
Le président Paul Kagame a réaffirmé l’engagement du Rwanda, tout en prévenant que si l’autre partie agit avec mauvaise foi, “nous réglerons le problème comme nous l’avons fait auparavant.”
Il a conclu : “Nous sommes organisés, honnêtes, et nous comptons mettre en œuvre tous les engagements pris pour résoudre définitivement ce conflit.”


