Le Premier ministre de Tanzanie, Kassim Majaliwa, a annoncé qu’il ne se présentera pas aux prochaines élections législatives, ce qui met fin à ses dix années à la tête du gouvernement.
Majaliwa, âgé de 64 ans, avait initialement déclaré qu’il serait candidat pour un quatrième mandat de député lors des élections d’octobre, avant de revenir sur sa décision ce mercredi de manière inattendue.
Nommé Premier ministre en 2015, il était autrefois vu comme le successeur potentiel du défunt président John Magufuli, après sa mort en 2021. Il a toutefois été maintenu à son poste par la présidente Samia Suluhu Hassan, qui vise un nouveau mandat sous la bannière du parti au pouvoir, le Chama Cha Mapinduzi (CCM).
Représentant de la circonscription de Ruangwa depuis 2010, Majaliwa a déclaré que sa décision était dictée par Dieu et prise “en toute honnêteté.”
“Il est temps de donner la chance à d’autres de poursuivre le développement amorcé,” a-t-il déclaré.
Cette annonce intervient une semaine seulement après qu’il ait confirmé sa volonté de se représenter. Certains y voient un signe de tensions internes au sein du CCM.
Majaliwa a affirmé qu’il resterait actif au sein du parti et qu’il soutient pleinement la candidature de Samia Suluhu.
En Tanzanie, le Premier ministre est nommé par le président parmi les députés élus et supervise le travail du gouvernement au parlement.
Majaliwa est perçu comme un dirigeant calme mais ferme, apprécié pour avoir facilité une transition politique stable après la mort de Magufuli. Ancien enseignant, il est devenu une figure importante du CCM, après avoir été ministre sous Jakaya Kikwete.
Son retrait intervient après celui du vice-président Philip Mpango, qui a annoncé en mai son retrait de la vie politique. Des analystes estiment que ces départs laissent à Samia Suluhu une marge de manœuvre pour renforcer son emprise sur le parti et préparer son second mandat.
Nicodemus Minde, politologue, a confié à la BBC que cette décision pourrait viser à équilibrer les représentations régionales et religieuses dans le prochain gouvernement. Samia et Majaliwa étant tous deux musulmans dans un pays à majorité chrétienne.
Un autre analyste, Ezekieli Kamwaga, pense que Majaliwa souhaitait tout simplement se reposer après dix ans de service :
“Quelque chose a dû changer son point de vue. Dix ans en tant que Premier ministre, peut-être que c’est assez.”
Le pays se prépare à des élections générales où le CCM est donné favori.
Le principal parti d’opposition, CHADEMA, a été exclu du scrutin pour avoir rejeté les nouvelles règles électorales, réclamant à la place des réformes démocratiques.
Plusieurs de ses leaders ont été arrêtés, et des rapports font état de disparitions forcées et d’assassinats.
Le 3 juillet, le gouvernement a nié toute tentative d’empoisonner Tundu Lissu, leader de CHADEMA, actuellement poursuivi pour fraude.
Malgré les inquiétudes exprimées sur sa sécurité, le porte-parole du gouvernement Gerson Msigwa a assuré qu’aucune tentative de lui nuire n’était en cours.
Il a averti que des sanctions seraient prises contre les personnes diffusant de fausses informations.


