Le Rwanda a connu des progrès dans plusieurs domaines, mais le secteur de l’éducation semble être resté à la traîne, ce qui représenterait un problème sérieux « si rien ne change rapidement ».
C’est ce qu’a récemment déclaré Olivier De Schutter, Rapporteur spécial des Nations unies sur l’extrême pauvreté et les droits humains, lors de sa visite au Rwanda.
De Schutter a reconnu que le Rwanda avait accompli des avancées significatives dans la lutte contre la pauvreté. Cependant, il a insisté sur le fait qu’il restait encore beaucoup à faire, soulignant qu’un Rwandais sur trois vit encore sous le seuil national de pauvreté. Il a désigné l’éducation comme l’un des secteurs problématiques.
Il a affirmé : « La qualité de l’éducation est extrêmement faible. Le Rwanda est classé 160e sur 175 pays selon un rapport de la Banque mondiale. Les enseignants sont très mal formés et les classes primaires sont surchargées, bien que plus de 25 000 salles de classe aient été construites au cours des sept dernières années. »
De Schutter a également mentionné que 64 % des élèves du primaire suivent leurs cours en double vacation — certains le matin, d’autres l’après-midi — un signe du manque de salles de classe et d’enseignants, ce qui affecte la qualité de l’enseignement de base.
Il s’est dit préoccupé par la dette publique du Rwanda, indiquant qu’en janvier de cette année, elle atteignait 78 % du produit intérieur brut.
Ce niveau d’endettement a conduit le gouvernement à adopter des mesures strictes pour réduire le déficit budgétaire, ce qui pourrait, selon lui, compromettre le financement des programmes sociaux.
Lors d’une conférence de presse vendredi, Olivier De Schutter a indiqué qu’entre 2017 et 2024, un million et demi de Rwandais sont sortis de la pauvreté, mais que trois millions vivent toujours sous le seuil de pauvreté.


