Le président Donald Trump a une nouvelle fois affirmé qu’un “génocide des Blancs” se déroule en Afrique du Sud, évoquant les violences subies par les agriculteurs afrikaners.
Il a tenu ces propos lors d’une réunion spéciale avec le président sud-africain Cyril Ramaphosa, au cours de laquelle il a présenté des photos et autres documents qu’il dit prouver des “meurtres motivés par la race.”
Trump accuse le gouvernement sud-africain de violences planifiées : “Nous ne pouvons pas rester spectateurs face à des meurtres ciblés contre un groupe de personnes.”
Cependant, les instituts de recherche, juristes et analystes ont vivement critiqué ces déclarations, les qualifiant d’exagérées et trompeuses.
Selon les services officiels de renseignement sud-africains, les chiffres de la police nationale montrent que 44 personnes ont été tuées sur des fermes en 2024, dont 8 agriculteurs blancs – ce qui représente moins de 0,2% des homicides dans le pays cette année-là.
Le professeur Themba Ndlovu, spécialiste en droit international, a déclaré : “Ces accusations exploitent des peurs raciales à des fins politiques. Le mot ‘génocide’ a un sens juridique fort et ne doit pas être utilisé à la légère.”
Trump critique aussi la nouvelle politique foncière de Ramaphosa, qui permettrait à l’État de récupérer des terres sous-exploitées “dans l’intérêt général.” Cette loi est encore à l’étude, et aucune terre n’a été saisie de force ni sans compensation.
Un audit foncier de 2023 montre que 75% des terres sont toujours aux mains des Blancs, contre moins de 5% pour les Noirs, un héritage de l’Apartheid.
En déplacement à New York à l’ONU, Ramaphosa a réagi : “Parler de génocide pour évoquer une réforme agraire visant à corriger les injustices du passé est une tentative de semer la division et la peur raciale.”
Trump a également évoqué la chanson “Kill the Boer”, chantée lors de rassemblements politiques du parti EFF de Julius Malema, l’accusant d’inciter à tuer des Blancs. Mais les tribunaux sud-africains ont estimé qu’il s’agit d’un chant historique de libération, et non d’un appel au meurtre.
L’historienne Dr. Lindiwe Mkhize explique : “Pour qu’un acte soit qualifié de génocide, il faut prouver l’intention et des actions systématiques visant à détruire un groupe spécifique.”
Elle ajoute : “Des crimes graves ou du racisme ne suffisent pas à qualifier un génocide. Cela exige une analyse juridique rigoureuse, pas des propos politiques incendiaires.”
Le bureau de l’ONU pour la prévention du génocide a appelé les dirigeants à “faire attention aux mots qu’ils emploient, surtout face à l’histoire des violences de masse.”
À ce jour, aucune instance internationale ne soutient les allégations de Trump. La majorité des analystes y voient une manœuvre politique sans fondement juridique.


