Le président burundais Évariste Ndayishimiye a une nouvelle fois accusé le Rwanda, mercredi, de semer l’insécurité dans la région.
Il s’est exprimé fermement à Kampala, en Ouganda, lors de la 12e réunion de haut niveau du Mécanisme régional de suivi pour la paix, la sécurité et la coopération en République Démocratique du Congo (RDC), qui se tient depuis quelques jours à Entebbe.
Dans son discours, il a salué la condamnation internationale des attaques des rebelles du M23 et de l’implication présumée de l’armée rwandaise dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu.
Il a déclaré :
« Je voudrais remercier la réaction rapide de plusieurs organisations internationales, en particulier la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations Unies, qui condamne fermement les attaques menées par le M23 au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, avec l’aide des forces rwandaises, ainsi que la prise des villes de Goma et Bukavu. »
Il a également exprimé son appréciation envers les différentes rencontres à l’échelle continentale qui ont condamné les violences qu’il attribue au M23 et aux RDF (Forces de défense rwandaises).
Ndayishimiye a exhorté les participants à la réunion de Kampala à agir rapidement pour résoudre la crise à l’est de la RDC, avertissant que le conflit pourrait s’étendre.
« Aujourd’hui, le conflit à l’est de la RDC a atteint son point culminant. S’il n’y a pas d’action immédiate, il pourrait s’étendre à d’autres provinces de la RDC, voire à d’autres pays de la région subsaharienne. »
Il a aussi évoqué le soutien supposé du Rwanda aux groupes armés étrangers opérant dans la région, qu’il a qualifié de menace.
« Ces groupes armés étrangers actifs dans cette région de la RDC reçoivent de l’aide de certains pays comme le Rwanda et cherchent à profiter de la crise. J’ai eu la chance de mobiliser la communauté internationale et la région sur cette question des territoires occupés chaque jour, qui déstabilisent l’ensemble du territoire. »
Le président burundais a averti que le conflit en RDC n’entraîne pas seulement une augmentation du nombre de réfugiés, mais favorise aussi la criminalité et la circulation d’armes, ce qui pourrait entraîner d’autres pays dans les conflits.
Cette nouvelle attaque verbale contre le Rwanda intervient après des déclarations récentes dans lesquelles il affirmait être prêt à entrer en guerre contre Kigali.


