Le Gouverneur militaire de la province du Nord-Kivu, le Lieutenant-Général Johnny Luboya, a déclaré que les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) sont tuées par les rebelles dirigés par Thomas Lubanga, en raison d’un profond découragement au sein des troupes.
Il s’est exprimé le vendredi 30 mai, lors d’une intervention portant sur les multiples difficultés rencontrées par les FARDC dans leurs opérations contre les groupes armés en Ituri.
Parmi ces groupes, le CRP de Thomas Lubanga, qui a récemment lancé des attaques contre les troupes gouvernementales.
Dans une conférence de presse, le Général Luboya a confirmé que de nombreux soldats congolais sont tués par ces rebelles.
Il a déclaré : « Le soldat qui est en première ligne, en ce moment où nous combattons le CRP-M23, les rebelles de Thomas Lubanga, désormais allié du M23 — nos soldats meurent. »
Parmi les problèmes affectant le moral des troupes, il a évoqué le sort des veuves de guerre, dont certaines attendent depuis des années des compensations qui ne sont jamais venues.
Le Lieutenant-Général Johnny Luboya a précisé que cette situation a été maintes fois signalée à l’inspection générale de l’armée, sans suite.
Il a dit : « Il y a un problème d’identification des veuves. Cela fait des années que ce problème persiste. Récemment, un groupe d’inspection est venu ici pour les recenser, mais à chaque fois qu’ils viennent, rien ne se passe. »
Il a ajouté que cette négligence décourage fortement les militaires.
Il a insisté : « Si un soldat sait que les veuves ne seront pas indemnisées, pourquoi risquerait-il sa vie ? Il se dira : ‘Si je meurs, mes enfants subiront le même sort.’ Cela démoralise les militaires, notamment ceux au front. Pourquoi continuer à se battre s’ils savent que leurs familles seront abandonnées ? »
Le général Luboya a aussi révélé que certaines veuves ont commencé à manifester nues, et a dénoncé le manque criant d’effectifs dans l’armée — une problématique qu’il a soulevée auprès du Président Félix Tshisekedi, sans résultat.
Il a précisé : « Vous savez que nous sommes en zone de guerre. Nous ne devons pas nous laisser distraire ou affaiblir par ces problèmes. L’armée ne peut pas toujours faire face aux mêmes difficultés. »
« Lors de la première visite du Chef de l’État ici, j’ai parlé du problème du nombre de soldats. Je l’ai expliqué en toute clarté. Les gens disent ce qu’ils veulent, mais nous voyons les conséquences. Je pense que les commandants présents à Goma peuvent confirmer mes propos. »
Le Gouverneur militaire de l’Ituri s’est dit choqué qu’un régiment censé compter 1 200 hommes n’en compte souvent que 300 ou 400 — sans qu’aucune responsabilité ne soit engagée.
Il a aussi signalé que les soldats en mission souffrent de la faim, se nourrissant à peine 15 fois par mois, malgré les budgets alimentaires alloués par le Ministère de la Défense — un facteur de plus qui démoralise les troupes.


