La France promet de juger un suspect de génocide tous les six mois

Sangiza iyi nkuru

Le gouvernement français réfléchit à des moyens qui verront au moins deux suspects du génocide de 1994 contre les Tutsi jugés chaque année, dans le cadre des efforts visant à rendre justice aux plus d’un million de victimes.

Cette décision, selon l’ambassadeur de France au Rwanda, Antoine Anfre, intervient à un moment où la France rattrape le temps perdu tout en niant l’ampleur de ses responsabilités dans la sombre histoire du Rwanda.

« Normalement, nous devrions avoir un procès tous les six mois. Ce n’est peut-être pas suffisant, mais c’est significatif », a-t-il ajouté, « c’est un effort qui est à la fois encouragé par l’exécutif, mais aussi la police y joue son rôle et la justice y joue un rôle pour que (les) Français et la justice rwandaise collaborent à cela.

L’ambassadeur Anfre s’exprimait hier lors d’une conversation avec des diplomates qui a attiré 200 membres du corps diplomatique, dont des fonctionnaires du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale ainsi que du ministère de l’Unité nationale et de l’Engagement civique.

La conversation a été organisée dans le but de réfléchir sur les leçons apprises pendant le génocide et le rôle de la communauté internationale, dans le cadre des activités en cours de “Kwibuka 28”.

Selon l’Anfre, deux des principales menaces qui entravent les efforts de réconciliation sont le déni du génocide et le déni des États.

« Et en France, malheureusement, il n’y a rien eu de fait depuis trop longtemps. Et maintenant, nous rattrapons le temps perdu », a-t-il souligné.

Aujourd’hui, a-t-il dit, il y a eu de nombreuses procédures à la lumière des suspects de génocide jugés par divers tribunaux basés à Paris, dont celui de Claude Muhayimana qui a récemment été condamné à 14 ans.

Un autre procès, qui, selon lui, était en cours depuis des mois, était celui de Laurent Bukibaruta, ancien préfet (gouverneur) de Gikongoro.

“Les connaissances sur le génocide de 1994 contre les Tutsi continueront d’être révélées et partagées. Quand un génocide est reconnu, c’est important pour les victimes, mais c’est aussi très important pour l’État qui a une responsabilité dans ce génocide. Cela… cela ouvre des horizons pour les peuples de ce pays.

Anfre a déclaré que bien que la France ait longtemps été impliquée dans la négation du Génocide perpétré contre les Tutsi et de son rôle “lourd”, des progrès positifs ont été accomplis pour assurer un nouvel élan aux relations entre les deux pays.

Cela, a-t-il dit, fait suite à plusieurs développements positifs, dont celui d’un rapport de 600 pages qui détaille le rôle de la France dans le génocide contre les Tutsi.

Le rapport a montré que le gouvernement français n’était ni aveugle ni inconscient du génocide et a fourni un soutien indéfectible au gouvernement génocidaire qui était alors au pouvoir.

Tout aussi importante, a-t-il dit, était une visite historique effectuée par le président français Emmanuel Macron, qui lors de la visite a présenté ses excuses et exprimé sa solidarité envers les survivants.

Soma Izindi Nkuru

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