Dans la province du Sud, la culture du sorgho doit venir au second rang et laisser la place aux cultures vivrières prioritaires comme le maà¯s, le riz, le haricot, la pomme de terre, le soja, le manioc, la patate douce, etc. En effet, ces dernières constituent la base alimentaire de la majorité des Rwandais et doivent àªtre privilégiées pour pouvoir atteindre l’autosuffisance alimentaire.
C’est l’une des recommandtions issues de la réunion agricole qui s’est tenue ce 11 aoà¼t 2023 dans le district de Huye et conduite par le ministre de l’agriculture et des ressources animales (Minagri), Dr Ildéphonse Musafiri. La réunion avait pour but d’accélerer les préparatifs pour le lancement de la saison agricole A 2023//24 et pouvoir maximiser la production agricole aucours de cettte saison, cruciale pour le pays.
Pour le ministre Musafiri, la culture du sorgho, dont les graines servent essentiellement à la fabrication de la bière traditionnelle “ikigage” devrait venir au moins à la dixième place après les 9 cultures vivriéres essentielles dans le pays. Le ministre MusafilI regrette ensuite que lors des saisons agricoles passées, le sorgho aoccupait une grande surface des terres arables dans la province du Sud alors qu’il joue un rôle minimal dans l’alimentation quotidienne de ses habitants. Pour la saison qui vient, le ministre appelle les professionnels agricoles au changement.
“Le sorgho ne figure pas parmi les sept premières cultures prioritaires au Rwanda. En mars dernier, j’ai visité cette province, je voyais des tiges de sorgho partout, à gauche à droite.(..). Le sorgho n’est pas l’aliment de base de notre population.” Stipule le ministre Musafili. “La dernière production de sorgho, oຠest-elle aujourd’hui? Nous connaissons tous ici, les conséquences néfastes que subissent les consommateurs de la bière “Ikigage”: des violences familiales et des maladies dues au manque d’hygiène.” Constate le ministre qui précise que ce céréale des ancàªtres ne doit pas àªtre éradiqué mais cultivé avec modération. “Au dixième rang.” Précise t-il.
Il insiste pour qu’au cours de la saison prochaine, les cultures prioritaires soient privilègiés.

Le sorgho, une culture traditionnelle de convivialité
Selon Philbert Murashi du district de Nyaruguru, bien que le sorgho ne constitue nullement une base alimentaire des paysans, il est le facteur de convivialité familiale et ne doit pas àªtre éradiqué complètement.
“Aujourd’hui dans notre village, le sorgho est l’un des cultures qui procure de l’argent au paysan à travers la fabrication de la biére “Ikigage” et sa vente. Avec cette argent, on achète facilement le haricot, la farine de maà¯s, voire màªme un porc d’élevage. Ensuite, le partage de sa boisson traditionnelle “Ikigage” est un autre moyen de concivialité familiale.” Fait remarquer l’agriculteur de Nyaruguru. “C’est vrai qu’il n’est plus notre base alimentaire, mais son rôle ne doit pas àªtre négligé” Pense Murashi. Il estime que le sorgho devrait àªtre privilégié dans certaines régions ciblées et augmenter plutà³t sa productivité afin d’éviter qu’il ne disparaisse complètement.
Quant à Béata Mukagansanga, du district de Huye, les paysans préfèrent le sorgho car il est facile à cultiver et n’exige pas beaucoup d’intrants agricoles, souvent chers. Mais sa part dans l’alimentation de la population, Mukagasana affirme qu’elle est aujourd’hui négligeable. Elle ajoute “Le sorgho est peut-àªtre utile seulement dans la préparation de la bouillie des enfants.”
Selon le minsitre du Minagri, la saison A est la plus importante en terme de production agricole. Elle procure 70% des besoins alimentaires des rwandais chaque année.



