Le groupe rebelle M23 opérant dans l’est de la République démocratique du Congo a annoncé qu’il réoccuperait les positions qu’il avait cédées à la Force régionale de la Communauté d’Afrique de l’Est (EACRF).
Cette annonce intervient après que la force régionale a commencé à se retirer de ses positions dans la province du Nord-Kivu le samedi 2 décembre, moins de 10 jours avant l’expiration de son mandat.
“Après le départ de l’EACRF de RDC, pour le bien-àªtre de la population civile, le M23 récupérera et occupera toutes les zones qu’il a cédées à l’EACRF au début du processus de paix”, a déclaré le porte-parole du groupe rebelle, Lawrence Kanyuka. a déclaré dimanche dans un communiqué.
Dans un communiqué partagé dimanche sur les réseaux sociaux, la force régionale a déclaré que la situation au Nord-Kivu restait incertaine suite à la rupture du cessez-le-feu en octobre, qui a entraà®né une escalade des hostilités.
Kanyuka a déclaré que la coalition gouvernementale, qui comprend des milices comme les FDLR, avait continué à bombarder les positions du M23 et les zones densément peuplées à l’aide d’avions de combat, ajoutant que les rebelles “n’épargneraient aucun effort pour protéger la population civile et se défendre de manière professionnelle”.
Le groupe rebelle a également souligné la collaboration continue entre le régime de Kinshasa et les FDLR, un groupe composé d’auteurs du génocide contre les Tutsi, malgré une récente annonce du premier selon laquelle ils mettaient fin à leur collaboration avec la milice.
La force régionale de l’EAC a été déployée en novembre 2022 pour soutenir les efforts de paix et surtout observer le retrait du groupe rebelle M23, qui combat l’armée congolaise dans la province du Nord-Kivu.
La force régionale, composée de troupes du Kenya, du Burundi, de l’Ouganda et du Soudan du Sud, a occupé les positions libérées par le M23 pour permettre un processus de paix négocié.
Le gouvernement congolais a toutefois refusé de renouveler le mandat de la force régionale, qui expire le 8 décembre.
L’EACRF a été la cible de manifestations à Goma, la capitale provinciale, o๠se trouve son quartier général, et son premier commandant de force a démissionné en avril, invoquant des menaces pour sa sécurité.
Kinshasa souhaitait que la force régionale combatte le M23, ce qui ne faisait pas partie du mandat opérationnel de ce dernier.
En mai, le président Félix Tshisekedi a menacé d’expulser la force régionale du pays après que la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) a approuvé une mission militaire dans la région orientale en proie à un conflit.
Les troupes de la SADC devraient arriver en RD Congo avant la fin décembre.
L’est de la République démocratique du Congo, qui abrite plus de 130 groupes armés locaux et étrangers, est instable depuis près de trois décennies.
De multiples interventions, notamment l’une des missions de maintien de la paix les plus longues et les plus importantes de l’ONU, la MONUSCO, n’ont pas réussi à mettre fin à des décennies de violence.
La mission de l’ONU dans le pays, créée il y a 25 ans, a été la cible de manifestations pour son incapacité à mettre fin à l’insécurité et prévoit de se retirer à partir de décembre.


