Quelques heures avant les élections législatives et communales prévues ce jeudi 5 juin, dans plusieurs villages de la province de Cibitoke, au nord du Burundi, notamment dans les communes de Buganda, Mugina et Rugombo, les habitants dénoncent des attaques nocturnes menées par les Imbonerakure, la jeunesse du parti au pouvoir CNDD-FDD.
Ces actes d’intimidation et de violence auraient ciblé des électeurs perçus comme proches de l’opposition, notamment du parti CNL.
Des témoins rapportent que ces attaques ont eu lieu dans la nuit de mercredi à jeudi. Des groupes d’Imbonerakure auraient patrouillé les villages en allant de maison en maison, selon les informations rapportées par SOS Médias Burundi.
Un habitant de Buganda a déclaré : « Ils nous ont clairement dit que nous devions voter pour le CNDD-FDD, sinon nous saurons ce qui nous attend. »
D’après des sources administratives locales, des militants du parti au pouvoir ont confisqué de force les cartes d’électeur, en particulier à ceux soupçonnés de soutenir le CNL. Des violences physiques ont également été signalées.
D’autres habitants affirment avoir reçu jusqu’à 5 000 francs burundais en échange de leur vote, des pots-de-vin déguisés en « campagne de sensibilisation électorale ».
Mais ce qui inquiète le plus, selon de nombreux témoins, c’est l’organisation minutieuse de ces opérations nocturnes.
Un responsable du CNL à Rugombo a déclaré : « Cela ressemble à une stratégie bien coordonnée visant à faire taire les voix discordantes par la peur. »
Face à ces accusations, plusieurs partis d’opposition ont réagi. Ils appellent la Commission électorale nationale indépendante (CENI), ainsi que les observateurs nationaux et internationaux, à intervenir d’urgence.
De leur côté, les responsables locaux des Imbonerakure ont rejeté ces accusations. Le chef des Imbonerakure à Mugina a déclaré : « Ce sont des rumeurs fabriquées pour nuire à notre image. Nous avons confiance en notre victoire. Il n’y a aucune raison d’intimider qui que ce soit. »
Les Burundais ont commencé à voter ce jeudi 5 juin, alors que de nombreux habitants de Cibitoke disent craindre pour leur sécurité.


