Deux scientifiques rwandais ont été élus membres de l'Académie mondiale des sciences (TWAS), rejoignant ainsi un réseau international de chercheurs reconnus pour leurs contributions au progrès et au développement scientifiques.
La professeure Eugénie Kayitesi, experte en sciences de l'alimentation et en nutrition, et le professeur Léon Mutesa, spécialiste en génétique humaine, figurent parmi les 87 scientifiques élus membres titulaires lors de la dernière session de sélection de l'Académie, annoncée le 5 novembre.
Leur élection prendra effet le 1er janvier 2027. Le Rwanda compte désormais quatre scientifiques membres de la TWAS. Le professeur Romain Murenzi, physicien et ministre de l'Éducation, est devenu membre de la TWAS en 2005, tandis que la professeure Agnès Binagwaho, pédiatre et ancienne ministre de la Santé, y a été admise en 2021.
Cette reconnaissance souligne la contribution croissante du Rwanda à la recherche scientifique internationale, notamment dans des domaines essentiels au développement du pays, tels que la sécurité alimentaire, la nutrition et la recherche médicale.
Eugénie Kayitesi est professeure associée au Département des sciences de la consommation et de l'alimentation de l'Université de Pretoria, en Afrique du Sud. Ses travaux portent sur les sciences et technologies alimentaires, avec un accent particulier sur la chimie alimentaire, la biochimie et la transformation des aliments.
Elle se spécialise dans la valorisation de cultures autochtones africaines sous-utilisées, visant à lutter contre l'insécurité alimentaire et la malnutrition en transformant ces ressources en produits alimentaires nutritifs, offrant ainsi des alternatives aux denrées de base importées, souvent coûteuses.
Elle a publié plus de 100 articles de recherche et chapitres d'ouvrages, et a reçu plusieurs distinctions, notamment le prix OWSD-Elsevier Foundation 2023 et le prix « Rwanda Women in Science » 2022. Elle est également membre de l'Académie africaine des sciences et du Conseil panafricain pour la recherche scientifique.
Elle est titulaire d'une licence en sciences et technologie alimentaires, obtenue à l'Université du Rwanda, anciennement Institut des sciences et technologies de Kigali (KIST). Elle occupe par ailleurs le poste de professeure invitée honoraire au sein du Collège d'agriculture, de sciences animales et de médecine vétérinaire de l'Université du Rwanda (UR-CAVM).
Par ailleurs, Mutesa est professeur de génétique humaine et directeur du Centre de génétique et de génomique humaines au sein du Collège de médecine et des sciences de la santé de l'Université du Rwanda.
Il est reconnu pour sa contribution au renforcement des capacités de recherche en génétique humaine au Rwanda, ayant notamment mis en place, en 2006, le centre de référence du pays en matière de génétique humaine, une structure unique en son genre en Afrique de l'Est.
Ses recherches portent sur la manière dont les modifications génétiques et épigénétiques, notamment celles liées à des traumatismes, peuvent affecter les générations suivantes. Il a tout particulièrement étudié les effets intergénérationnels des traumatismes liés à un génocide et du trouble de stress post-traumatique chez des femmes ayant survécu au génocide des Tutsi de 1994, ainsi que chez leur descendance.
Mutesa a obtenu son diplôme de médecine à l’Université du Rwanda en 2003, puis un doctorat (PhD) à l’Université de Liège, en Belgique, en 2009. Par la suite, il a effectué des recherches postdoctorales à l’Université d’Erlangen, en Allemagne.
Il a précédemment occupé le poste de directeur général du Centre de recherche médicale au sein du Centre biomédical du Rwanda (RBC). Il est par ailleurs membre de l’Académie africaine des sciences et a reçu, en 2024, le prix africain de l’Organisation du génome humain (HUGO).

