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Fermeture de la Frontière avec le Rwanda : Faim et Misère au Nord du Burundi

Sangiza iyi nkuru

La fermeture prolongée de la frontière entre le Burundi et le Rwanda plonge les régions du nord du Burundi dans une crise économique et sociale sans précédent. À Bugabira, Ntega, Busoni (ancienne province de Kirundo), et Nyamurenza (ancienne province de Ngozi), les habitants dénoncent une situation quotidienne marquée par la faim, l’insécurité et une pauvreté croissante.

Depuis la détérioration des relations diplomatiques entre Gitega et Kigali, le commerce transfrontalier, qui faisait vivre des milliers de familles, est totalement à l’arrêt. Dans ces villages, le petit commerce a disparu, privant une grande partie de la population de ses revenus.

« Nous emmenions des poules à vendre au Rwanda, puis nous revenions avec des vêtements de seconde main que nous revendions au marché local. C’était notre moyen de vivre. Aujourd’hui, tout ça a disparu », a déclaré une commerçante découragée de Nyamurenza.

Ce commerce, principalement assuré par des femmes, constituait la colonne vertébrale de l’économie locale. Sa disparition soudaine a provoqué une pauvreté généralisée, et le nombre de foyers vulnérables a explosé, selon SOS Médias Burundi.

Familles appauvries, enfants déscolarisés

Au-delà du commerce, de nombreux Burundais allaient travailler dans les champs au Rwanda, attirés par des salaires journaliers parfois trois fois plus élevés que ceux versés au Burundi.

La valeur plus forte du franc rwandais par rapport au franc burundais (Fbu) rendait ces emplois très recherchés. La fermeture de la frontière a coupé cette source vitale de revenus, avec des conséquences lourdes pour de nombreuses familles, comme l’a confié une mère de six enfants à Busoni.

Dans cette période difficile, les habitants appellent les autorités burundaises à reconsidérer leur position diplomatique.

« Nous ne faisons pas de politique. Nous voulons simplement travailler pour survivre. Qu’on rouvre la frontière », supplie un commerçant de Ntega.

En attendant une amélioration des relations entre Gitega et Kigali, les habitants des régions frontalières tentent de s’adapter. Mais la souffrance et l’incertitude persistent.

Soma Izindi Nkuru

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