L’ancien président de la République Démocratique du Congo, Joseph Kabila Kabange, a démenti les rumeurs selon lesquelles il se trouverait déjà dans la ville de Goma, affirmant qu’il compte s’y rendre dans les prochains jours.
Kabila a fait cette déclaration dans un discours adressé aux Congolais hier soir.
Cette déclaration intervient quelques heures après que le Sénat de la RDC lui a retiré son immunité de sénateur à vie, ouvrant ainsi la voie à des poursuites judiciaires.
Il est attendu que la Haute Cour Militaire commence prochainement son procès pour des accusations de complot visant à renverser le pouvoir et de trahison.
Ces accusations sont survenues après des informations affirmant que Kabila se trouvait à Goma, ville contrôlée par les rebelles du M23, que Kinshasa accuse depuis longtemps d’être soutenus par lui.
Dans son discours, Kabila a nié s’être rendu à Goma comme cela avait été annoncé.
Il a affirmé que les décisions du gouvernement de le poursuivre en justice, saisir tous ses biens, et suspendre les activités de son parti politique, le PPRD, ont été prises dans la précipitation, uniquement à cause d’une rumeur concernant une visite dans une zone contrôlée par le M23.
Il a déclaré :
« Si c’est la vérité que nous cherchons, qu’elle soit dite encore une fois. Il y a quelques jours, à la suite d’une simple rumeur circulant dans les rues et sur les réseaux sociaux selon laquelle j’étais à Goma — où je me rendrai bientôt — le pouvoir en place à Kinshasa a pris des décisions irréfléchies et inquiétantes, ce qui démontre la dégradation continue de la démocratie dans notre pays. »
Kabila a également accusé les autorités de la RDC d’abandonner et de mépriser la population de l’est du pays, notamment en coupant l’accès aux services essentiels, comme les banques ou les transports.
Selon lui, ces décisions constituent une forme d’étranglement des populations de l’Est et mettent leur vie en danger extrême.
Joseph Kabila a dirigé la RDC de 2001 à 2019.
C’est la première fois qu’il prend publiquement la parole depuis qu’il s’est exilé volontairement, après avoir transmis le pouvoir à Félix Antoine Tshisekedi, avec qui il s’est rapidement brouillé.


