La chambre de la Cour suprême du Rwanda a reporté le procès de Vincent Murekezi, accusé de crimes liés au génocide contre les Tutsi, après que ce dernier a demandé du temps pour engager un nouvel avocat. Son précédent avocat s’est retiré de l’affaire sans l’en informer.
L’audience s’est tenue ce jeudi par vidéoconférence depuis la prison de Mageragere à Kigali. Murekezi a expliqué au tribunal qu’il avait des difficultés à contacter sa famille vivant à l’étranger, laquelle pourrait l’aider à trouver un nouveau défenseur. Il a insisté sur le fait qu’il ne pouvait pas comparaître sans assistance juridique.
Le tribunal a accepté de faciliter autant que possible la communication avec sa famille et a décidé de reporter l’audience au mois de septembre pour lui permettre de se préparer et de trouver un nouvel avocat.
Murekezi avait été extradé du Malawi vers le Rwanda en 2019 pour être jugé pour des crimes présumés commis pendant le génocide dans l’ancienne ville de Butare, actuellement le district de Huye.
Il avait fait appel contre la peine de prison à perpétuité prononcée par contumace par le tribunal intermédiaire de Huye, qui l’avait reconnu coupable d’avoir participé au génocide. Murekezi nie catégoriquement les faits qui lui sont reprochés.
Les juridictions gacaca de Butare, sa ville natale, ainsi que le tribunal intermédiaire de Huye l’avaient reconnu coupable et condamné à la prison à vie pour son rôle direct dans les massacres perpétrés pendant le génocide contre les Tutsi.
Âgé de 62 ans, Murekezi était considéré comme un homme d’affaires influent au Malawi. Son extradition s’est effectuée dans le cadre d’un accord entre les deux pays concernant l’échange de suspects.
Les autorités judiciaires rwandaises affirment qu’il a été renvoyé pour purger le reste d’une peine de quatre ans pour corruption, dont deux ans restaient à exécuter, tout en étant aussi recherché au Rwanda pour des accusations de génocide.
Le parquet l’accuse d’avoir joué un rôle de premier plan dans les massacres à Butare, en donnant des ordres à différents barrages où de nombreux Tutsi ont été tués.


