Le Chef d’État-Major des Forces Armées d’Afrique du Sud (SANDF), le général Rudzani Maphwanya, a affirmé que la mission de la Communauté de Développement d’Afrique Australe en République Démocratique du Congo (SAMIDRC) n’a pas échoué, soulignant son rôle actif dans les efforts de paix dans ce pays.
Ce dimanche 4 mai 2025, lors d’une conférence de presse tenue à Pretoria pour évoquer le retrait de la SAMIDRC de la RDC, le général Maphwanya a été interrogé sur un éventuel échec de la mission. Il a répondu :
« L’objectif principal était d’évaluer s’il existait des perspectives de paix et de stabilité… et de favoriser le dialogue politique. Oui, nous pensons que la SAMIDRC a contribué à cet effort, dans la quête de la paix, qui reste notre ultime priorité. »
Les trois pays ayant déployé des troupes au sein de la SAMIDRC — l’Afrique du Sud, le Malawi et la Tanzanie — ont entamé le retrait de leurs soldats et matériels de la RDC, après l’annonce de la fin du mandat de la mission décidée lors d’un sommet extraordinaire des chefs d’État et de gouvernement de la SADC le 13 mars dernier.
La ministre sud-africaine de la Défense, Angie Motshekga, a indiqué à la presse :
« Cette décision fait suite à de nombreuses démarches diplomatiques, des réunions de haut niveau et des évolutions positives dans le processus de paix à l’Est de la RDC. »
Elle a précisé :
« D’importantes rencontres bilatérales et multilatérales ont eu lieu entre le gouvernement congolais et les partenaires régionaux, aboutissant à un accord de paix signé entre Kinshasa et les représentants du M23, avec le soutien de la SADC, de l’Union Africaine et de la Communauté d’Afrique de l’Est. Cet accord comprend un cessez-le-feu, le désarmement et la réinsertion des ex-combattants. »
Motshekga a ajouté que le retrait des troupes de la SAMIDRC « marque une nouvelle phase de nos engagements de maintien de la paix dans la région, démontrant la volonté du gouvernement congolais de gérer ses propres défis sécuritaires et de réduire progressivement la présence militaire étrangère, tout en consolidant les avancées diplomatiques. »
Le général Maphwanya a, pour sa part, insisté :
« On ne peut pas précipiter la voie de la paix. Ce sont les négociations et la volonté politique qui doivent prévaloir. Ce retrait doit être perçu dans la dynamique des efforts politiques en cours. »
Et d’ajouter : « Nous partons la tête haute, car des signes de paix sont aujourd’hui visibles. »
Le spécialiste des questions militaires Dean Wingrin a, quant à lui, estimé que malgré les propos rassurants des responsables sud-africains, la prise de Goma et de la ville de Sake par le M23, où se trouvait le quartier général de la SAMIDRC, avait sérieusement compromis la mission.
« Je doute que les dirigeants de la SADC aient eu d’autres choix, lors de la réunion du 13 mars, que de mettre un terme au mandat. », a-t-il commenté.
Wingrin a rappelé que la mission SAMIDRC avait souffert d’un manque de moyens et de troupes, et que le gouvernement congolais avait refusé de négocier avec les rebelles du M23 et de l’AFC avant la chute de Goma et Bukavu.
Il a précisé que, depuis cet épisode, la SAMIDRC s’était retrouvée cantonnée à un rôle d’observateur, et que les pourparlers de Doha avaient conduit à un cessez-le-feu temporaire.
La semaine dernière, les forces de la SAMIDRC ont commencé à se retirer de leurs positions à Sake et Goma, empruntant la route via le Rwanda pour rejoindre la Tanzanie, avant de regagner leur pays d’origine.
Le général Maphwanya a détaillé :
« Les opérations de retrait ont débuté le 29 avril, avec 13 camions. Un premier détachement de 57 soldats a ouvert la voie. Aujourd’hui, un deuxième groupe prend le relais et nous prévoyons de finaliser ce rapatriement d’ici la fin du mois. »
Il a assuré que la SAMIDRC « ne laissera aucun élément derrière elle dans l’est de la RDC », précisant que les soldats sud-africains rentreront par avion depuis la Tanzanie, tandis que le matériel sera acheminé par voie maritime.
Le responsable des opérations conjointes, le lieutenant-général Siphiwe Lucky Sangweni, a révélé qu’un premier contingent sud-africain était arrivé en Tanzanie le 30 avril. Le retrait a pris plus de temps que prévu en raison de l’état dégradé des routes et de nombreuses pannes de véhicules.
En raison du contrôle de l’aéroport de Goma par le M23, les troupes et équipements de la SAMIDRC doivent transiter par le Rwanda.
Comme l’a souligné Wingrin :
« Le dernier scénario que les dirigeants sud-africains et de la SADC voulaient éviter, c’était que leurs troupes quittent la RDC escortées par l’armée rwandaise. »
Et d’ajouter qu’en raison de l’indisponibilité du navire militaire SAS Drakensberg, l’Afrique du Sud pourrait être contrainte de louer un bateau civil pour le transport du matériel militaire.


