Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Olivier Nduhungirehe, a déclaré que le Rwanda ne pouvait pas être systématiquement tenu pour responsable des problèmes de sécurité en République démocratique du Congo (RDC).
« Le Rwanda ne doit pas éternellement servir de bouc émissaire pour ce qui se passe au Congo », a affirmé M. Nduhungirehe à l'AFP, mercredi 28 octobre à Moscou, en marge du sommet Russie-Afrique.
Ces propos interviennent alors que la mise en œuvre des accords de Washington entre le Rwanda et la RDC progresse très peu ; Kigali accuse Kinshasa d'un manque de volonté politique pour neutraliser les FDLR, une milice génocidaire composée de résidus des auteurs du génocide des Tutsi de 1994.
En vertu des accords de Washington, la RDC s'est engagée à désarmer les FDLR, tandis que le Rwanda devait lever ses mesures défensives contre cette milice.
Cependant, la coopération entre les forces armées congolaises et les FDLR se poursuit.
Un rapport des Nations unies, publié le 21 septembre, indique que les FDLR continuent d'opérer dans l'est de la RDC, où sont signalés des meurtres et des disparitions forcées de civils, principalement dans le territoire de Rutshuru, mais aussi à Masisi, Nyiragongo et Walikale.
D'autres rapports font état d'un soutien et d'un armement continus de la milice par le gouvernement congolais, ainsi que d'une coopération entre les deux parties dans la guerre contre l'AFC/M23. Ce dernier mouvement s'est, par ailleurs, allié à l'ancien président congolais Joseph Kabila pour former le Front pour la refondation de la nation (FRN).
Le Rwanda a précédemment demandé aux États-Unis de faire preuve d'impartialité dans leur médiation dans le cadre du processus de Washington.
M. Nduhungirehe a également rejeté les allégations de Kinshasa selon lesquelles l'ancien président congolais Joseph Kabila agirait comme un « homme de paille » du Rwanda, suite à l'annonce de sa position à la tête du FRN. « La situation en RDC, la situation politique, la situation sécuritaire, relève avant tout d’une problématique congolaise », a déclaré Nduhungirehe.
« Il s’agit d’une question politique qui doit être réglée sur le plan politique, entre Congolais. »

