L’armée sud-africaine en difficulté aura du mal à apporter une contribution significative à une nouvelle force régionale prévue censée apporter la paix en République démocratique du Congo (RDC) .
Avec seulement une fraction des hélicoptères de l’armée de l’air encore en mesure de voler et quelque 2600 soldats sud-africains déjà déployés en RDC et au Mozambique dans des missions de maintien de la paix, il est maintenant temps pour des pays comme la Zambie, la Namibie et l’Angola d’apporter leur contribution, déclare Stephanie Wolters, chercheuse principale à l’Institut sud-africain des affaires internationales.
La Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) souhaite que la nouvelle force soit déployée d’ici la fin septembre, mais la composition exacte de la brigade de 5 000 soldats n’est toujours pas claire.
Les pays fournisseurs de contingents doivent assumer eux-màªmes toutes les dépenses pendant les trois premiers mois, après quoi ils seront indemnisés proportionnellement pour les véhicules et les soldats en état de marche.
La force régionale prévue est censée réprimer les rebelles du M23 en RDC à l’approche des élections du pays en décembre. L’actuel pouvoir de la Communauté de développement de l’Afrique de l’Est, qui était censé contrôler les rebelles l’année dernière, se retirera début septembre.
Il existe également une force d’intervention de l’ONU en RDC à laquelle l’Afrique du Sud fournit 1100 soldats.
La force régionale doit travailler avec la force de l’ONU au sein d’une structure compliquée, mais avec son propre commandant qui n’est pas responsable devant l’ONU. De plus, les efforts politiques et militaires doivent àªtre coordonnés par l’Union africaine (UA).
C’est en soi un arrangement ridicule, car l’UA n’est pas connue pour une bonne coordination d’une opération militaire complexe.
Stephanie Wolters, chercheuse principale à l’Institut sud-africain des affaires internationales.
En mai, les dirigeants de la SADC ont approuvé la création de la force régionale lors d’une réunion à Windhoek. La semaine dernière, les pays devaient indiquer qui pouvait contribuer à quoi, mais ces détails ne sont pas encore connus.
Selon Wolters, l’Angola et le Botswana ont les forces aériennes les mieux équipées pour fournir des avions.
Le budget estimé pour la force régionale est d’environ 554 millions de dollars, mais cet argent n’a pas encore été trouvé. Le déploiement devrait actuellement prendre un an.
Les à‰tats membres doivent négocier avec des alliés ailleurs dans le monde pour contribuer au déploiement. Wolters dit qu’elle ne voit pas comment l’une des grandes puissances soutiendra financièrement la force. En fin de compte, la plus grande charge financière reposera donc sur les pays contributeurs, et l’Afrique du Sud ne peut certainement pas se le permettre.
L’expert militaire Helmoed-Rà¶mer Heitman affirme que seulement 5 000 soldats avec peu de soutien aérien n’auront pratiquement aucun effet dans la guerre civile congolaise profondément enracinée.
Dans l’état actuel des choses, l’Afrique du Sud ne pourrait màªme pas remplir ses obligations au Mozambique. Il a finalement fallu la force parallèle supplémentaire du Rwanda dans ce pays pour contenir les insurgés musulmans.
Le budget de la défense sud-africaine pour l’exercice en cours a été réduit de 500 millions de rands.
Source: News24


