2025-02-18T070457Z_1724238479_RC2698AUI1PA_RTRMADP_3_UKRAINE-CRISIS-GERMANY-AGENTS-1

Les Racines de la Guerre entre la Russie et l’Ukraine – Deuxième Partie

Sangiza iyi nkuru

Dans la première partie, nous avons exploré les origines du conflit russo-ukrainien, en mettant l’accent sur les événements ayant conduit à 2014.
Dans cette seconde et dernière partie, nous examinons les préparatifs à long terme du président Poutine en vue de la guerre et les stratégies qui ont conduit à l’invasion de 2022.


Préparatifs stratégiques et politique énergétique

Dès 2015, alors que le conflit se poursuivait dans les régions de Donetsk et de Louhansk, l’OTAN et l’Union européenne intensifiaient leurs relations avec Kiev.
En réaction, le président Vladimir Poutine lança la construction d’un nouveau gazoduc sous la mer Noire vers la Turquie, afin d’approvisionner l’Europe tout en contournant l’Ukraine.
Ce projet priva l’Ukraine de revenus substantiels issus des droits de transit. Le président turc Recep Tayyip Erdoğan accueillit favorablement ce projet pour ses avantages économiques.

En 2018, Poutine lança un autre projet, Nord Stream 2, reliant la Russie à l’Allemagne via la mer Baltique.
La chancelière allemande Angela Merkel soutint l’initiative, y voyant une opportunité d’obtenir du gaz bon marché pour l’industrie allemande et de l’exporter vers d’autres pays européens.
Ces projets, ainsi que la construction du pont de Crimée, faisaient partie d’un plan plus large de préparation à une confrontation majeure, Poutine considérant l’expansion de l’OTAN vers l’est comme une menace directe pour Moscou.


Montée des tensions

Depuis 2003, un accord entre Moscou et Kiev régissait l’utilisation de la mer d’Azov, bordant Marioupol et la Crimée.
En 2018, la Russie rompit unilatéralement cet accord, exigeant des navires ukrainiens une autorisation pour accéder à la mer.
Cette même année, la Russie captura trois navires militaires ukrainiens tentant d’y entrer, les accusant de violation des lois maritimes.

En 2019, Volodymyr Zelensky fut élu président de l’Ukraine, promettant de mettre fin à la guerre.
Il montra une certaine ouverture au dialogue avec Poutine, ce qui permit notamment la restitution des trois navires capturés.
Cependant, Zelensky poursuivit ses efforts pour intégrer l’OTAN, ce que Poutine considérait comme une ligne rouge.
En 2021, la Russie massait des troupes à la frontière ukrainienne et stationnait des forces en Biélorussie, mettant en garde contre l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN.


L’invasion de 2022 et ses conséquences

Le 24 février 2022, Poutine annonça une « opération militaire spéciale » visant à « dénazifier » l’Ukraine.
Les troupes russes envahirent le pays depuis l’est (Donetsk et Louhansk), le sud (Kherson) et le nord (via la Biélorussie vers Kiev).
Le plan initial prévoyait une capture rapide de Kiev, la capture ou l’élimination du président Zelensky, et l’installation d’un gouvernement pro-russe.


Sanctions internationales et impacts économiques

Les pays occidentaux imposèrent de lourdes sanctions sur le pétrole et le gaz russes.
L’Union européenne, les États-Unis, le Canada, le Japon et la Corée du Sud fermèrent leur espace aérien aux avions russes et mirent en œuvre des sanctions économiques.
Mais la Russie avait anticipé : elle avait déjà diversifié ses débouchés énergétiques vers l’Asie, la Chine, la Mongolie et l’Inde, réduisant ainsi l’impact des sanctions.

Zelensky continua à plaider pour l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN, mais l’Alliance refusa de l’accueillir pour éviter une confrontation nucléaire avec la Russie.


Gains territoriaux et tensions internes

La Russie occupe une grande partie des régions de Donetsk, Kherson, Louhansk, et Zaporijia, ainsi que la Crimée annexée en 2014.
La ville de Bakhmout est devenue un symbole des combats les plus acharnés, mettant en lumière le rôle du groupe Wagner dirigé par Dmitri Prigojine.
Ce dernier entra en conflit avec Poutine à cause des pertes massives, mena une rébellion en direction de Moscou, mais sa tentative se termina brusquement par un crash d’avion suspect alors qu’il se rendait à Saint-Pétersbourg.


Contre-offensives et manœuvres politiques

En 2024, l’Ukraine mena de grandes attaques dans la région de Koursk en Russie pour se renforcer en vue d’éventuelles négociations de paix.
Bien qu’elle ait occupé cette zone pendant un an, les forces russes la reprirent début 2025.

L’ancien président américain Donald Trump déclara vouloir mettre fin à la guerre rapidement s’il était réélu, en proposant un plan de paix :

  • Accords d’exploitation des ressources ukrainiennes

  • Reconnaissance de la Crimée comme territoire russe

  • Aide à la reconstruction de l’Ukraine à hauteur de 500 milliards de dollars

  • Garantie que l’Ukraine ne rejoindra pas l’OTAN


Pertes humaines et impact humanitaire

Les pertes militaires russes sont estimées à près d’un million de soldats, dont environ 250 000 morts.
L’Ukraine compterait environ 46 000 soldats tués et 300 000 blessés.
Selon l’ONU, environ 10 millions d’Ukrainiens ont fui leur pays, provoquant une crise humanitaire majeure en Europe.


Négociations de paix et blocage

La Russie exige la reconnaissance de son contrôle sur les régions de Donetsk, Kherson, Louhansk, Zaporijia et la Crimée, ainsi qu’une garantie que l’Ukraine ne rejoindra jamais l’OTAN.
L’Ukraine, de son côté, demande la restitution totale de ses territoires occupés et des garanties de sécurité, y compris une éventuelle adhésion à l’OTAN.
Donald Trump propose un compromis basé sur des accords économiques et une aide à la reconstruction, mais les désaccords fondamentaux demeurent.


Conclusion

La guerre entre la Russie et l’Ukraine, enracinée dans une histoire complexe et des stratégies géopolitiques profondes, continue d’avoir des conséquences majeures sur la stabilité régionale et mondiale.
Malgré les efforts diplomatiques, une paix durable reste hors de portée, chaque camp restant ferme sur ses positions.

Soma Izindi Nkuru

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *