Le parti d’opposition sud-africain Democratic Alliance (DA) a rejeté les affirmations de l’Armée nationale de défense sud-africaine (SANDF), selon lesquelles la mission SAMIDRC en République démocratique du Congo (RDC) aurait été un succès. Cela intervient après la mort de 14 soldats sud-africains tués par les rebelles du M23 fin janvier, et à la fin du mandat de la mission.
Vendredi dernier, la ministre de la Défense Angie Motshekga devait informer le Parlement sur le retrait des troupes et des équipements de la mission de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) en RDC, dont le mandat s’est achevé le 13 mars.
Nicholas Gotsell, député de la DA membre de la commission de la défense et de la justice, a déclaré que son parti allait profiter de l’occasion pour interroger le SANDF sur la diffusion présumée de fausses informations, selon DefenceWeb.
“La mort de 14 soldats sud-africains et les 174 blessés — des hommes et des femmes courageux envoyés dans une zone de conflit sans appui aérien ni matériel adéquat — ce n’est pas une victoire, c’est un drame national”, a déclaré Gotsell.
Dimanche, la ministre Motshekga et le chef d’état-major de la SANDF, le général Rudzani Maphwanya, ont affirmé que la mission SAMIDRC — composée principalement de soldats sud-africains, tanzaniens et malawites — avait contribué aux efforts de paix en RDC. Pourtant, des villes comme Goma et Sake, dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, restent sous contrôle rebelle, et les combats se poursuivent malgré les discussions de paix.
L’expert militaire Darren Olivier a déclaré : “C’est une bonne chose de remettre en question cette prétendue ‘victoire’ et de demander des explications”. Il a ajouté : “Pour moi, la mission a échoué, faute d’effectifs, de soutien aérien, de bases proches, et sans plan B clair”.
Il poursuit : “En réalité, SAMIDRC et la SANDF ne pouvaient pas empêcher seules l’avancée du M23 et des forces rwandaises vers Sake et Goma, alors que les FARDC s’effondraient. Cela aurait nécessité des moyens bien plus importants.”
Olivier a également rappelé que les forces de la MONUSCO, dont des Sud-Africains, avaient durement combattu lors de l’Opération Springbok III pour stopper l’avancée du M23, perdant des casques bleus. Mais la MONUSCO a ensuite cessé les combats et engagé des négociations de cessez-le-feu, à l’instar de SAMIDRC.
Il a conclu en appelant à un examen approfondi de l’échec de la mission par le Parlement, et de ses conséquences sur la SANDF, espérant que cela aboutira à des réformes majeures et à un renforcement du soutien.


