Dans le district de Rwamagana, province de l’Est, de nombreuses femmes musulmanes pratiquent la planification familiale à l’insu de leurs maris polygames. Après la seconde épouse, certains pères sont négligés dans la prise en charge des enfants et les femmes ont recours à la planification pour assumer correctement leurs responsabilités.
Rwamagana est une nouvelle ville du centre-est du Rwanda, habitée par de nombreux musulmans. Les maires musulmans se succèdent, depuis Omar, Karim et l’actuel Radjab. Le chef de la police est également Issa. Coà¯ncidence ou pas, le quartier de Buswahilini en est la preuve. Ce quartier hérite de son nom de la langue swahili, langue des premiers musulmans arrivés au Rwanda.
Ici, la polygamie est fréquente, mais davantage de maris deviennent polygames ; plus les femmes assument la responsabilité des enfants. Alors, ils adoptent la planification familiale.
Sous l’anonymat, une femme témoigne : « Mon mari est monogame, et le plus souvent il voyage. Quand il est là , j’arrive à ne pas tomber enceinte. Mais chez les voisins, les hommes deviennent polygames désordonnés et abandonnent leur responsabilité envers leur femme et leurs enfants. Depuis, la femme a pris le relais. Elle adopte la planification familiale pour éviter de lourdes charges.
Pour le chef du village Sibagire, certains maris ne se soucient pas de la planification familiale. Et, précise-t-il, « beaucoup de femmes favorisent leur bien-àªtre et peuvent le faire en secret pour pouvoir suivre leurs activités et vaquer à leurs occupations sans contraintes majeures ».
Neema (nom inventé), je planifie depuis des années sans que mon mari le sache, j’ai pris cette décision car j’ai 7 enfants. Oui, il n’est pas bon de pratiquer la planification familiale dans le dos de son mari. Mais nous le faisons parce que cela nous arrange : c’est ma vie qui est menacée, ainsi que la garde des enfants qui relève de mon entière responsabilité.
Le Coran et la loi musulmane en parlent
Les critiques de la planification familiale s’appuient sur le hadith du Prophète qui vous dit : Mariez-vous et ayez des enfants, je me vanterai de vous devant les autres peuples dans l’au-delà .
Mais, selon Ibrahim Mossabah, dans Family Planning and Muslim Law, d’autres rejettent la quantité comme étant sans valeur.
Le hadith du Prophète vous dit : Les gens vous envahiront le jour o๠vous serez nombreux mais sans valeur. Le grand nombre d’enfants est l’un des états de pauvreté. Leur nombre limité est un des états de satisfaction.
L’Islam permet d’épouser deux ou quatre femmes si l’on en a les moyens ou de se limiter à une seule faute.
Le Coran en prend acte dans la sourate 4, verset 3. Mais il limite le nombre de femmes à 4 épouses et impose surtout au mari de les traiter de manière égale : Si vous craignez d’àªtre injuste envers les orphelins ou à l’égard de vos épouses, n’en épousez que deux. , trois ou quatre femmes parmi celles que vous aimez. Si vous craignez toujours de ne pas àªtre juste, prenez seulement un ou un de vos esclaves. Il sera plus juste de pouvoir répondre à leurs besoins. (4;3).
Ce verset coranique aura cependant des conséquences positives pour les femmes en renforà§ant les inégalités entre les époux. Mais en réalité, la pratique de la polygamie dans l’Islam est de plus en plus limitée, notamment dans les milieux intellectuels, aisés et urbains.
Planification familiale basée sur la santé et l’économie.


