Le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, a fermement mis en garde l’ancien président congolais Joseph Kabila et le Front pour la refondation de la Nation (FRN), qu’il dirige, contre toute tentative de conquérir le pouvoir par la force en République démocratique du Congo.
Réagissant à la création de cette coalition politico-militaire, le chef de la diplomatie belge a jugé « déplorable, incompréhensible et inacceptable » qu’un ancien chef d’État, lui-même confronté aux ravages des rébellions armées, prenne la tête d’un mouvement visant à accéder au pouvoir par les armes.
« Cette voie est profondément illégitime », a déclaré Maxime Prévot, avertissant que ceux qui choisissent cette voie « devront en assumer pleinement la responsabilité ».
Cette prise de position constitue un avertissement diplomatique adressé à Joseph Kabila et au FRN, dans un contexte de tensions persistantes et d’incertitudes sur l’évolution du conflit dans l’est de la RDC.
La Belgique a également rappelé qu’aucune solution militaire ne pouvait mettre fin au conflit congolais. Maxime Prévot a appelé toutes les parties à rester engagées dans le processus de dialogue, malgré les lenteurs observées dans les négociations de Doha et de Washington.
Selon lui, ces deux processus offrent un cadre accepté par les parties concernées, avec de nouvelles réunions prévues en octobre et en novembre.
La création du FRN, annoncée le 12 octobre à Goma, marque une nouvelle étape dans la recomposition de l’alliance politico-militaire qui réunissait l’AFC et le M23. Joseph Kabila en assure désormais la direction, tandis que Corneille Nangaa et Bertrand Bisimwa occupent des postes de vice-présidents.
Pour Bruxelles, le recours aux armes ne constitue donc pas une voie légitime pour accéder au pouvoir.
Reste à savoir si cet avertissement sera suivi de mesures diplomatiques concrètes ou si la Belgique privilégiera la pression politique et les négociations pour tenter de ramener les parties à la table du dialogue.



